Vous venez de recevoir une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) et vous vous sentez démuni face à cette décision administrative qui bouleverse votre vie en France ? Vous n'êtes pas seul dans cette situation, et surtout, cette décision n'est pas une fatalité. Un recours devant le tribunal administratif peut non seulement suspendre son exécution, mais également vous permettre de rester légalement en France pendant l'examen approfondi de votre dossier.
Chaque année, des milliers de personnes reçoivent une OQTF en France. Parmi elles, nombreuses sont celles qui parviennent à faire annuler cette décision grâce à un recours bien construit. Prenons l'exemple de Dimitri, ressortissant géorgien arrivé en France il y a 5 ans avec un visa touristique. Après un refus de titre de séjour pour raisons professionnelles, il reçoit une OQTF avec délai de départ volontaire d'un mois. Père d'un enfant français scolarisé et en couple avec une Française, Dimitri a des attaches familiales solides qui constituent un argument juridique majeur. En agissant rapidement avec l'aide d'un avocat spécialisé, il peut contester cette décision et faire valoir ses droits fondamentaux.
Ce guide vous explique pas à pas comment contester efficacement une OQTF, quels arguments invoquer, quels documents préparer, et comment maximiser vos chances de succès devant le tribunal administratif.
Qu'est-ce qu'une OQTF et pourquoi est-elle prononcée ?
Définition et cadre légal
Une OQTF est une décision administrative prise par le préfet en application de l'article L. 511-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA). Cette mesure vous oblige à quitter le territoire français, soit volontairement dans un délai fixé, soit sous la contrainte si vous ne respectez pas ce délai.
L'OQTF n'est jamais une décision isolée. Elle accompagne généralement :
- Un refus de titre de séjour (première demande ou renouvellement)
- Un retrait de titre de séjour pour des raisons diverses
- Une mesure d'éloignement pour trouble à l'ordre public
Les différents types d'OQTF
Il existe plusieurs catégories d'OQTF avec des conséquences différentes :
L'OQTF avec délai de départ volontaire : vous disposez généralement de 30 jours pour quitter la France par vos propres moyens. Pendant ce délai, vous pouvez préparer votre départ, organiser vos affaires, et surtout contester la décision. C'est la situation la plus favorable car elle vous laisse du temps.
L'OQTF sans délai de départ volontaire : vous devez quitter le territoire immédiatement. Cette mesure peut s'accompagner d'une interdiction de retour sur le territoire français (IRTF) d'une durée variable (généralement 2 ans, parfois plus). Cette OQTF est prononcée notamment si vous représentez une menace pour l'ordre public, si vous êtes en séjour irrégulier depuis longtemps, ou si vous avez déjà fait l'objet d'une précédente OQTF.
L'OQTF avec assignation à résidence : vous devez résider à une adresse précise, pointer régulièrement au commissariat (souvent quotidiennement), et vous ne pouvez pas quitter le département. Cette mesure remplace parfois la rétention quand celle-ci n'est pas jugée nécessaire.
L'OQTF avec placement en rétention administrative : vous êtes enfermé dans un centre de rétention administrative (CRA) en attendant votre éloignement effectif. La durée maximale est de 90 jours, mais elle est généralement plus courte. Les CRA les plus connus sont ceux du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne), de Vincennes, de Marseille ou de Lyon.
Pourquoi contester une OQTF est essentiel
Contester une OQTF n'est pas qu'une simple formalité administrative, c'est un droit fondamental qui peut changer radicalement l'issue de votre situation. Voici pourquoi vous devez absolument envisager cette démarche :
L'effet suspensif automatique : dès que votre recours est enregistré par le tribunal administratif, l'OQTF ne peut plus être exécutée. Concrètement, cela signifie que la police ne peut pas vous arrêter pour vous reconduire à la frontière tant que le juge n'a pas rendu sa décision. Vous pouvez continuer à vivre normalement en France, même si votre situation administrative reste précaire.
La possibilité d'obtenir un titre de séjour : si le tribunal annule l'OQTF, le préfet est obligé de réexaminer votre situation. Cette fois, il devra prendre en compte les arguments que le juge aura validés. Nombreux sont ceux qui, après l'annulation d'une OQTF, obtiennent finalement le titre de séjour qui leur avait été refusé initialement.
Prenons l'exemple de Fatima, mère célibataire marocaine vivant en France depuis 8 ans. Elle travaille comme aide à domicile auprès de personnes âgées. Après un refus de titre de séjour, elle reçoit une OQTF. Son avocate fait valoir son intégration professionnelle exceptionnelle (lettres de recommandation de ses employeurs, preuves de paiement d'impôts, attestations de clients) et l'impossibilité de laisser ses clients dépendants sans aide. Le tribunal annule l'OQTF et le préfet, contraint de réexaminer le dossier, finit par délivrer une carte de séjour mention "vie privée et familiale".
Faire valoir vos droits fondamentaux : une OQTF peut violer plusieurs droits protégés par la Constitution française, la Convention européenne des droits de l'homme, ou le droit de l'Union européenne :
- Le droit au respect de votre vie privée et familiale (article 8 CEDH)
- Le droit à la protection de la santé si vous suivez un traitement médical indisponible dans votre pays
- Le droit de vos enfants français à vivre avec leurs parents
- Le principe de proportionnalité : la mesure d'éloignement doit être proportionnée à votre situation
Éviter une interdiction de retour : certaines OQTF comportent une IRTF qui vous interdit de revenir en France pendant 2, 3 voire 5 ans. En faisant annuler l'OQTF, vous évitez également cette interdiction qui compliquerait considérablement votre avenir.
Quels sont les délais impératifs pour contester une OQTF ?
Comprendre l'importance cruciale des délais
Les délais en matière de contentieux des étrangers sont impératifs et de rigueur. Cela signifie qu'un seul jour de retard rendra votre recours irrecevable, quels que soient la qualité de vos arguments ou la gravité de votre situation. Les tribunaux administratifs sont très stricts sur ce point : un recours déposé hors délai sera systématiquement rejeté sans examen au fond.
C'est l'erreur que commet malheureusement Pavel, ressortissant moldave. Il reçoit son OQTF le 3 février mais, pensant avoir tout son temps, il consulte un avocat seulement fin février. Le délai d'un mois expirant le 3 mars, il dépose son recours le 5 mars. Le tribunal déclare le recours irrecevable pour tardiveté, sans même examiner ses arguments pourtant solides (mariage avec une Française, CDI en France). Pavel est éloigné quelques semaines plus tard.
Délais selon votre situation administrative
Les délais de recours varient considérablement selon votre situation au moment de la notification de l'OQTF :
Situation normale : délai d'1 mois
Si vous n'êtes ni en rétention, ni en assignation à résidence, vous disposez d'un délai d'un mois à compter de la notification de l'OQTF. Ce délai commence à courir le jour même où vous recevez la décision en mains propres ou, si elle est envoyée par courrier, le jour de la première présentation du pli recommandé à votre domicile.
Exemple avec Dimitri : il reçoit sa notification le 15 janvier à 14h lors d'une convocation en préfecture. Le délai d'un mois expire donc le 15 février à minuit. S'il dépose son recours le 16 février, même à 9h du matin, il sera hors délai. Pour calculer correctement, comptez toujours à partir du jour de réception, et le dernier jour expire à 24h.
En rétention administrative : 48 heures
Le délai tombe drastiquement à 48 heures si vous êtes placé en centre de rétention. Ce délai extrêmement court s'explique par la privation de liberté que représente la rétention : le législateur a voulu que votre situation soit examinée très rapidement par un juge.
Concrètement, si vous êtes interpellé un lundi matin et placé en rétention au CRA du Mesnil-Amelot, vous devez déposer votre recours avant mercredi matin même heure. Dans ces conditions, l'assistance d'un avocat est quasiment indispensable. Sachez qu'il existe des permanences de juristes dans tous les CRA, gratuites si vous n'avez pas les moyens. Demandez immédiatement à voir un avocat dès votre arrivée au centre.
En assignation à résidence : 7 jours
L'assignation à résidence est une mesure intermédiaire : vous n'êtes pas enfermé mais votre liberté de circulation est restreinte. Vous devez résider à une adresse imposée, vous présenter régulièrement (souvent chaque jour) au commissariat, et vous ne pouvez pas quitter le département sans autorisation.
Le délai de recours est de 7 jours à compter de la notification de la mesure d'assignation. Attention : ce délai court même si vous devez pointer quotidiennement au commissariat. Organisez-vous pour consulter rapidement un avocat tout en respectant vos obligations de pointage.
Délais de jugement par le tribunal
Le tribunal administratif doit lui aussi respecter des délais stricts pour statuer sur votre recours. Ces délais varient selon l'urgence de votre situation :
6 mois maximum en situation normale : quand vous n'êtes ni en rétention ni en assignation, le tribunal dispose d'un délai maximal de 6 mois pour rendre sa décision. En pratique, les jugements interviennent souvent entre 3 et 5 mois. Pendant toute cette période, vous bénéficiez de l'effet suspensif : l'OQTF ne peut pas être exécutée.
15 jours en assignation à résidence : le tribunal doit statuer dans un délai de 15 jours maximum. L'audience est généralement fixée une semaine après le dépôt du recours, et le jugement rendu quelques jours plus tard. Cette rapidité permet de ne pas vous laisser trop longtemps dans une situation d'assignation très contraignante.
96 heures (4 jours) en rétention : c'est le délai le plus court. Le juge doit rendre sa décision dans les 96 heures suivant votre recours. L'audience se tient souvent 48 heures après le dépôt, parfois même le lendemain. Ces délais ultra-courts justifient la présence permanente d'avocats dans les CRA.
Comment calculer précisément les délais ?
Point de départ du délai : le délai commence à courir à compter de la notification de l'OQTF, c'est-à-dire le moment où vous en avez effectivement connaissance :
- Notification en mains propres : le jour même où le document vous est remis (en préfecture, au commissariat, ou par la police)
- Notification par lettre recommandée : le jour de la première présentation du pli à votre domicile, même si vous ne l'avez pas retiré à la Poste
Calcul du délai : le délai d’un mois est compté en jours calendaires (tous les jours, y compris samedis, dimanches et jours fériés). Si le dernier jour tombe un samedi, dimanche ou jour férié, le délai est prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant.
Exemple : vous recevez une OQTF le jeudi 28 février (année non bissextile). Le délai d'un mois expire normalement le 28 mars. Mais si le 28 mars est un dimanche, vous avez jusqu'au lundi 29 mars pour déposer votre recours.
Important : le délai de 48h est compté d’heure à heure et expire même s’il s’agit d’un dimanche ou d’un jour férié. Il n’est jamais prorogé !
Notre conseil pratique : ne jouez jamais avec les délais. Dès réception de l'OQTF, prenez rendez-vous en urgence avec un avocat spécialisé. Même si vous avez théoriquement un mois, commencez immédiatement à rassembler vos documents. Un dossier bien préparé prend du temps : obtenir des certificats de scolarité, faire traduire des documents, demander des attestations d'employeurs, récupérer des justificatifs médicaux...
Quel tribunal administratif saisir pour contester votre OQTF ?
Le principe : compétence territoriale selon la résidence de l’étranger le jour de la décision
Toutefois, même si le recours est déposé dans un tribunal administratif incompétent, il transmettra votre requête au tribunal compétent territorialement.
Cette règle s'applique dans 95% des cas. Mais attention aux exceptions importantes ci-dessous.
Exceptions pour les mesures coercitives : rétention et assignation
Quand vous êtes en rétention administrative ou en assignation à résidence, la compétence territoriale change : c'est le tribunal du lieu où vous vous trouvez physiquement qui devient compétent, et non plus celui de la préfecture émettrice.
Pourquoi cette exception ? Elle s'explique par l'urgence et la nécessité de pouvoir saisir rapidement le juge le plus proche de votre lieu de rétention ou d'assignation. Cela facilite également la tenue d'audiences rapides et la présence de votre avocat.
En rétention : vous saisirez le tribunal administratif dont dépend géographiquement votre centre de rétention. Si vous êtes au CRA de Marseille, ce sera le Tribunal administratif de Marseille. Si vous êtes au CRA de Lille-Lesquin, ce sera le Tribunal administratif de Lille.
En assignation à résidence : même principe, c'est le tribunal du lieu de votre assignation qui est compétent. Si vous êtes assigné à résidence à Toulouse, vous saisirez le Tribunal administratif de Toulouse.
Cas particuliers de certains centres de rétention
Certains centres de rétention administrative ont des compétences juridictionnelles spécifiques qui ne suivent pas la règle géographique habituelle. Ces exceptions résultent de décisions d'organisation judiciaire :
Le CRA de Metz : bien que situé dans le département de la Moselle, les recours doivent être adressés au Tribunal administratif de Nancy (et non au TA de Strasbourg qui couvre normalement la Moselle). Si vous êtes retenu à Metz, envoyez donc votre recours à : Tribunal administratif de Nancy, 5 Place Carrière, CO 20038, 54036 Nancy Cedex.
Le CRA du Mesnil-Amelot n°3 : ce centre de rétention situé en Seine-et-Marne (près de l'aéroport Charles de Gaulle) dépend du Tribunal administratif de Montreuil (Seine-Saint-Denis), et non du TA de Melun qui couvre normalement la Seine-et-Marne. Adresse : Tribunal administratif de Montreuil, 7 rue Catherine Puig, 93100 Montreuil.
Le CRA de Cornebarrieu (Toulouse) : pour ce centre près de l'aéroport de Toulouse-Blagnac, c'est bien le Tribunal administratif de Toulouse qui est compétent (pas d'exception ici, mais on le précise car c'est un grand CRA).
Comment vérifier ? Si vous êtes en rétention, demandez immédiatement au personnel du centre ou au juriste de permanence quel tribunal est compétent. Les associations présentes dans les CRA (comme La Cimade, l'ASSFAM ou France Terre d'Asile) peuvent également vous renseigner.
Que faire en cas de doute sur la compétence ?
Si vous avez le moindre doute sur le tribunal à saisir :
Appelez le greffe du tribunal : les agents d'accueil peuvent vous confirmer s'ils sont compétents pour votre recours. Conservez une trace écrite de cet échange (email de confirmation si possible).
Consultez un avocat spécialisé : il connaît parfaitement les compétences territoriales et ne fera pas d'erreur.
Comment déposer concrètement votre recours contentieux ?
Les trois modalités de dépôt possibles
Le Code de justice administrative prévoit trois façons de déposer votre requête devant le tribunal administratif. Chacune a ses avantages et inconvénients :
1. Le courrier recommandé avec accusé de réception (LRAR)
C'est la méthode la plus sûre et la plus utilisée. Vous envoyez votre dossier complet (requête + pièces justificatives) par lettre recommandée avec demande d'avis de réception.
Avantages :
- Vous avez une preuve irréfutable de l'envoi et de la réception grâce à l'accusé de réception
- Vous pouvez l'envoyer de n'importe quel bureau de poste
- Vous gardez une trace écrite complète
Inconvénients :
- Les délais postaux : La Poste peut mettre 2-3 jours pour acheminer le courrier, voire plus en période de grève ou de surcharge
- Le risque de perte (rare mais pas impossible)
- En cas de délai très court, c'est stressant d'attendre l'AR
Conseil pratique : conservez précieusement l'accusé de réception signé par le greffe du tribunal. C'est votre preuve que le recours a bien été déposé dans les délais. Faites également une copie de tout le dossier envoyé.
2. La télécopie (fax) suivie d'envoi postal
Le fax est une option intéressante en situation d'urgence, notamment quand le délai est sur le point d'expirer.
Comment procéder :
- Envoyez votre requête et vos pièces principales par fax au numéro du tribunal (disponible sur son site internet)
- Conservez le rapport de transmission du fax qui atteste de l'envoi et de la bonne réception
- Obligation impérative : vous devez faire suivre l'original complet par courrier postal dans les jours suivants
Exemple : il est 18h le vendredi soir, dernier jour de votre délai d'un mois. Le tribunal est fermé. Vous pouvez envoyer votre recours par fax avant minuit. Le rapport de transmission fera foi. Mais vous devrez poster l'original dès le lundi matin.
Limites :
- Tous les tribunaux n'acceptent plus forcément les fax (la dématérialisation progresse)
- La qualité de transmission peut être mauvaise, rendant certains documents illisibles
- Vous devez absolument confirmer par courrier postal, sous peine d'irrecevabilité
3. Le dépôt direct au greffe du tribunal
C'est la méthode la plus rapide et la plus sûre quand vous habitez près du tribunal ou que le délai est très court.
Comment procéder :
- Préparez votre dossier complet en deux exemplaires (un pour le tribunal, un pour vous)
- Rendez-vous aux horaires d'ouverture du greffe (généralement 9h-12h et 14h-16h du lundi au vendredi)
- Présentez votre requête à l'agent d'accueil
- Il horodate votre exemplaire : il appose un tampon avec la date et l'heure exacte de réception. Option possible même en cas de fermeture du tribunal puisqu’un horodateur est présent en dehors des tribunaux.
- Conservez cet exemplaire horodaté, c'est votre preuve
Avantages :
- Certitude absolue que le recours est bien déposé dans les délais
- Pas de risque de perte postale
- L'agent peut vérifier immédiatement que votre dossier est complet
- En cas d'urgence (dernier jour du délai), c'est la seule option vraiment fiable
Inconvénients :
- Nécessite un déplacement physique
- Impossible si vous êtes en rétention loin du tribunal (votre avocat devra s'en charger)
- Soumis aux horaires d'ouverture du greffe
Cas de Dimitri : il habite Paris et doit saisir le Tribunal administratif de Paris. C'est le dernier jour de son délai d'un mois (un vendredi). À 15h30, il se rend directement au 7 rue de Jouy avec son dossier en deux exemplaires. L'agent horodate sa requête à 15h47. Dimitri est serein : son recours est déposé dans les délais avec une preuve irréfutable.
La dématérialisation : Télérecours citoyens
Depuis quelques années, les tribunaux administratifs ont développé une plateforme de dépôt dématérialisé appelée Télérecours citoyens. Cette application permet de déposer votre recours en ligne, 24h/24.
Comment ça marche :
- Créez un compte sur www.telerecours.fr
- Remplissez le formulaire en ligne
- Joignez votre requête et vos pièces au format PDF
- Validez l'envoi : vous recevez instantanément un accusé d'enregistrement électronique qui fait foi
Avantages :
- Dépôt possible à toute heure, même le week-end ou tard le soir
- Accusé de réception immédiat
- Suivi de votre dossier en ligne
- Pas de déplacement, pas d'envoi postal
Inconvénients :
- Nécessite d'être à l'aise avec l'informatique
- Il faut scanner tous vos documents
- En cas de bug informatique le dernier jour, c'est stressant
Notre recommandation : Télérecours est excellent si vous maîtrisez l'outil et que vous avez encore quelques jours devant vous. Mais si c'est le dernier jour de votre délai et que vous n'avez jamais utilisé la plateforme, préférez le dépôt direct au greffe ou le LRAR envoyé plusieurs jours avant.
Faut-il absolument prendre un avocat pour contester une OQTF ?
C'est une question que se posent beaucoup de personnes recevant une OQTF. La réponse légale est simple : l'avocat n'est pas obligatoire devant le tribunal administratif en première instance. Vous avez parfaitement le droit d'agir seul.
Mais la réalité pratique est tout autre : l'avocat est fortement recommandé, voire quasi-indispensable si vous voulez maximiser vos chances de succès.
Pourquoi un avocat spécialisé fait la différence ?
Maîtrise du droit des étrangers : ce domaine juridique est extrêmement technique, avec un code (le CESEDA) qui change régulièrement, une jurisprudence abondante et évolutive, et des procédures spécifiques. L'avocat spécialisé connaît les arguments qui fonctionnent, les moyens juridiques à invoquer, et les pièges à éviter.
Reprenons le cas de Dimitri : seul, il aurait probablement écrit une lettre émotionnelle expliquant qu'il aime la France et qu'il veut rester. Avec son avocat, il invoque précisément l'article 8 de la CEDH (droit au respect de la vie privée et familiale), l'article L. 435-1 du CESEDA (vie privée et familiale), et la jurisprudence récente de la Cour administrative d'appel de Paris sur les parents d'enfants français scolarisés. Le tribunal est obligé d'examiner ces moyens juridiques.
Connaissance de la jurisprudence locale : chaque tribunal administratif a ses propres sensibilités. Un bon avocat local sait ce qui fonctionne devant tel ou tel juge.
Qualité rédactionnelle : un mémoire bien rédigé, structuré selon les règles du droit administratif, avec une argumentation juridique solide, a beaucoup plus de chances de convaincre le juge qu'une lettre désordonnée.
Gestion du dossier : l'avocat sait quels documents joindre, comment les organiser, comment répondre aux demandes du tribunal, et comment anticiper les arguments de la préfecture.
Cas où l'avocat est quasi-indispensable :
- En rétention (48h) : le délai est tellement court que vous n'aurez matériellement pas le temps de tout préparer seul. De plus, enfermé en CRA, vous n'avez pas accès à vos documents, à internet pour faire des recherches juridiques, etc.
- Situations complexes : si votre dossier cumule plusieurs problématiques (vie familiale + raisons médicales + intégration professionnelle), l'avocat saura les articuler de façon cohérente.
- Si vous ne maîtrisez pas bien le français : la rédaction juridique exige un français parfait. Des fautes de langue ou des formulations maladroites peuvent affaiblir votre argumentaire.
L'aide juridictionnelle : un avocat gratuit si vous n'avez pas les moyens
Si vos ressources sont insuffisantes, vous pouvez bénéficier de l'aide juridictionnelle totale ou partielle. Elle permet de ne rien payer (aide totale) ou de payer seulement une partie des honoraires (aide partielle) selon vos revenus.
Comment en bénéficier :
- Remplissez le formulaire Cerfa n°16146*03 "Demande d'aide juridictionnelle" (téléchargeable sur service-public.fr)
- Joignez vos justificatifs de ressources (avis d'imposition, bulletins de salaire, attestation Pôle emploi)
- Déposez le dossier au bureau d'aide juridictionnelle du tribunal administratif compétent
Plafonds de ressources 2024 (à titre indicatif, vérifiez les montants actualisés) :
- Aide totale : ressources mensuelles inférieures à environ 1 200€ pour une personne seule
- Aide partielle : ressources entre 1 200€ et 1 800€ environ
Délai : la réponse peut prendre plusieurs semaines. Mais vous pouvez déposer votre demande d'aide juridictionnelle en même temps que votre recours. L'avocat vous représentera dès le début de la procédure.
Attention : le dépôt d’une demande d’aide juridictionnelle suspend seulement le délai de recours d’un mois ! Il ne suspend pas les délais de 7 jours ou de 48h.
Quels documents essentiels joindre à votre recours contre l'OQTF ?
La qualité et la pertinence de vos pièces justificatives peuvent faire toute la différence entre un recours qui aboutit et un recours qui échoue. Le juge administratif fonde sa décision sur des éléments concrets et vérifiables. Vos documents doivent donc prouver vos affirmations.
Documents obligatoires et fondamentaux
Certains documents sont absolument indispensables pour que votre recours soit recevable et examiné :
1. La copie intégrale de l'OQTF
C'est la pièce n°1 de votre dossier. Vous contestez une décision administrative : le juge doit avoir sous les yeux cette décision pour en apprécier la légalité.
Joignez la décision complète avec toutes ses pages, y compris :
- Le corps de la décision (les "attendus" et le "dispositif")
- Les mentions de délais de recours
- La notification (tampon, signature, date)
Si votre OQTF comporte une interdiction de retour sur le territoire (IRTF), c'est généralement dans la même décision ou dans une décision annexe : joignez aussi cette décision d'IRTF.
2. Votre requête motivée (ou mémoire)
C'est le document central de votre recours. Il expose :
- Votre identité complète
- L'objet du recours (annulation de l'OQTF)
- Les faits de votre situation
- Vos arguments juridiques (les "moyens")
- Vos demandes précises au tribunal
Nous détaillerons plus loin comment rédiger ce mémoire de façon optimale.
3. Vos pièces d'identité
Le tribunal doit pouvoir vous identifier avec certitude :
- Passeport : toutes les pages, y compris les visas et tampons d'entrée en France
- Carte d'identité de votre pays d'origine
- Acte de naissance : original + traduction par un traducteur assermenté si le document n'est pas en français
- Livret de famille si vous êtes marié ou avez des enfants
4. Vos documents de séjour en France
Joignez toutes les preuves de votre parcours administratif :
- Titres de séjour antérieurs (même expirés)
- Récépissés de demande de titre de séjour
- Visa avec lequel vous êtes entré en France
- Attestation de demande d'asile si vous avez déposé une demande à l'OFPRA
- Refus de titre de séjour antérieurs (s'il y en a eu)
Preuves d'intégration professionnelle et économique
L'intégration professionnelle est un argument majeur devant le juge administratif. Elle démontre que vous participez activement à la vie économique française, que vous êtes autonome financièrement, et que vous ne représentez pas une charge pour les finances publiques.
Contrats de travail
Joignez tous vos contrats de travail, en particulier :
- CDI en cours : c'est l'argument le plus fort car il prouve une stabilité professionnelle
- CDD successifs : ils montrent une continuité d'activité même sans CDI
- Contrats d'apprentissage ou de professionnalisation
Exemple : Fatima, notre aide à domicile, joint ses 4 contrats de travail successifs (3 CDD puis 1 CDI) qui prouvent qu'elle travaille sans interruption depuis 5 ans.
Bulletins de salaire
Les bulletins de salaire prouvent :
- La réalité de votre activité professionnelle
- Vos revenus réguliers
- Votre ancienneté dans l'entreprise
- Le paiement de cotisations sociales (vous contribuez au système français)
Attestations d'employeur
Demandez à votre employeur actuel (et aux employeurs précédents si possible) une attestation personnalisée qui indique :
- Vos dates d'embauche
- Votre poste et vos missions
- Vos qualités professionnelles (sérieux, ponctualité, compétences)
- L'impact qu'aurait votre départ pour l'entreprise
Ces lettres humanisent votre dossier. Le juge ne voit plus seulement un "étranger en situation irrégulière", mais une personne qui a sa place dans l'économie française.
Promesses d'embauche
Si vous êtes en recherche d'emploi mais avez une ou plusieurs promesses d'embauche, joignez-les. Elles démontrent votre employabilité.
Preuves de paiement d'impôts
C'est un élément très apprécié des juges :
- Avis d'imposition des 3 dernières années
- Quittances de taxe d'habitation ou de taxe foncière si vous en payez
- Preuves de déclaration même si vous êtes non-imposable
Payer des impôts en France prouve que vous contribuez aux finances publiques et que votre présence n'est pas une charge mais un apport.
Activités associatives ou bénévoles
Votre intégration ne se limite pas au travail :
- Attestations d'associations où vous êtes bénévole (Restos du Cœur, Secours Populaire, associations sportives)
- Certificats de formation professionnelle suivie en France
- Preuves de scolarité si vous suivez des études
Dimitri, notre cuisinier géorgien, joint une attestation de l'association de football où il entraîne bénévolement l'équipe des enfants le samedi matin. Cela renforce son image de personne intégrée et utile à la communauté.
Preuves d'attaches familiales et personnelles
Le droit à la vie privée et familiale (article 8 CEDH) est l'argument le plus fréquemment invoqué et le plus efficace pour contester une OQTF. Mais il faut le prouver de façon solide et documentée.
Vie de couple avec un ressortissant français ou européen
Si vous êtes en couple avec une personne française ou ressortissante de l'UE, c'est un argument majeur :
En cas de mariage :
- Acte de mariage (copie intégrale récente)
- Livret de famille
- Preuves de vie commune effective : bail de location au nom des deux époux, factures communes, photos de famille, avis d’impôts
En cas de PACS :
- Convention de PACS enregistrée au tribunal
- Attestation de PACS récente (moins de 3 mois)
- Mêmes preuves de vie commune qu'en cas de mariage
En cas de concubinage (union libre) : Le concubinage est plus difficile à prouver car il n'y a pas d'acte officiel, mais c'est possible :
- Attestation de concubinage sur l'honneur signée par les deux concubins
- Bail de location commun depuis au moins 1 an
- Factures communes (électricité, internet, assurance) sur plusieurs mois
- Compte bancaire joint
- Lettres de témoins (voisins, famille, amis proches) attestant de votre vie commune
Conseil : pour le concubinage, multipliez les preuves. Le juge doit être convaincu qu'il s'agit d'une relation stable et réelle, pas d'un arrangement de circonstance.
Enfants français ou européens
La présence d'enfants français est l'un des arguments les plus forts :
- Actes de naissance des enfants mentionnant leur nationalité française
- Certificats de scolarité : ils prouvent que vos enfants sont enracinés en France
- Livret de famille français
- Cartes nationales d'identité ou passeports français des enfants
Si vos enfants sont jeunes (moins de 13 ans), l'argument est encore plus fort : les séparer de leur parent violerait gravement leur intérêt supérieur (article 3 de la Convention internationale des droits de l'enfant).
Dimitri a une fille française de 4 ans scolarisée en maternelle. Son avocat joint le certificat de scolarité qui indique : "Elève assidue, bien intégrée dans le groupe classe". C'est une preuve que sa fille a sa vie en France et qu'un départ brutalement serait traumatisant pour elle.
Autres membres de la famille en France
- Parents, frères et sœurs français : actes de naissance, justificatifs d'identité
- Attestations de liens familiaux réguliers (témoignages, photos de réunions familiales)
- Preuves de soutien familial : attestations d'hébergement, aide financière
Absence de liens avec votre pays d'origine
À l'inverse, prouvez que vous n'avez plus d'attaches dans votre pays d'origine renforce votre argumentation :
- Attestation sur l'honneur que vous n'avez plus de famille proche dans votre pays
- Preuves de vente de biens immobiliers là-bas
- Durée de votre absence du pays d'origine (plus vous êtes en France depuis longtemps, mieux c'est)
Justificatifs médicaux
Si vous suivez un traitement médical en France pour une pathologie grave qui ne pourrait être soignée dans votre pays d'origine, c'est un moyen de contestation très efficace (articles L. 425-9 du CESEDA).
Certificats médicaux
Demandez à votre médecin traitant et/ou à votre spécialiste des certificats médicaux détaillés indiquant :
- Votre pathologie (diagnostic précis)
- Les traitements en cours
- La nécessité d'un suivi médical régulier
- Les conséquences graves qu'aurait un arrêt brutal du traitement
- L'indisponibilité de ces soins dans votre pays d'origine
Exemple : Ahmed, ressortissant tunisien, souffre d'une leucémie nécessitant une chimiothérapie lourde à l'hôpital Cochin. Son oncologue rédige un certificat attestant que ce protocole n'existe pas en Tunisie et qu'une interruption mettrait sa vie en danger. Le juge administratif ne peut ignorer cet élément.
Justificatifs de suivi médical
- Comptes rendus d'hospitalisation
- Ordonnances montrant la durée et la régularité du traitement
- Rendez-vous médicaux programmés (montrant que vous êtes dans un parcours de soins)
Attention : les informations médicales sont couvertes par le secret médical. Vous n'êtes pas obligé de tout détailler dans votre requête publique. Vous pouvez demander au juge de désigner un médecin expert qui examinera vos certificats sous pli confidentiel.
Preuves de vie en France
Au-delà du travail et de la famille, prouvez votre enracinement dans la société française :
Logement
- Bail de location à votre nom (plus il est ancien, mieux c'est)
- Quittances de loyer des 12 derniers mois minimum
- Avis d’impôts
- Factures d'électricité (EDF), de gaz, d'eau, d'internet, de téléphone à votre nom et votre adresse
Un bail de 5 ans prouve une stabilité résidentielle forte. Cela montre que vous n'êtes pas de passage.
Preuves d'intégration sociale
- Lettres de soutien de voisins, d'amis, de collègues, de l'instituteur de vos enfants
- Photos de vous dans votre quartier, à des événements locaux
- Attestations d'activités : club de sport, cours de français, médiathèque
Maîtrise de la langue française
- Diplômes ou certificats de formation en français (DELF, DALF, cours municipaux)
- Attestations d'employeurs soulignant votre bonne maîtrise du français
- Même sans diplôme, si vous travaillez en contact avec le public ou suivez des formations en français, cela prouve votre intégration linguistique
Organisation et présentation des pièces
Numérotation et inventaire
Organisez vos pièces de façon claire et méthodique :
- Numérotez chaque document : P1, P2, P3, etc.
- En début de dossier, établissez un bordereau récapitulatif listant toutes les pièces :
BORDEREAU DES PIÈCES JOINTES
P1 : Copie intégrale de l'OQTF du [date] P2 : Passeport (pages 1 à 12) P3 : Acte de naissance + traduction P4 : Certificat de mariage avec Mme [nom], française P5 : Acte de naissance de notre fille [prénom], française P6 : Certificat de scolarité de [prénom] en classe de CP P7 : Contrat de travail CDI depuis le [date] P8 : Bulletins de salaire (janvier 2023 à janvier 2024) P9 : Attestation employeur [nom entreprise] P10 : Bail de location depuis 2020 ...
Copies certifiées ou originaux ?
Pour le tribunal administratif, des photocopies suffisent généralement. Mais attention :
- Les documents en langue étrangère doivent être accompagnés d'une traduction par un traducteur assermenté(l'original + la traduction certifiée)
- Pour certains documents sensibles (actes d'état civil), vous pouvez joindre des copies certifiées conformes (faites par un avocat, un notaire, ou une mairie)
Combien d'exemplaires ?
Préparez toujours 2 exemplaires complets de votre dossier :
- 1 exemplaire pour le tribunal (que vous envoyez ou déposez)
- 1 exemplaire pour vous (que vous conservez comme preuve)
Si vous déposez au greffe, l'agent horodatera votre exemplaire personnel, ce qui vous servira de preuve.
Conservation des documents
Conservez soigneusement :
- Toutes les copies de ce que vous avez envoyé
- L'accusé de réception (postal ou électronique)
- Les preuves d'envoi (récépissé de recommandé, rapport de fax, horodatage du greffe)
Ces éléments pourront servir en cas de contestation ultérieure ou d'appel.
Comment rédiger un mémoire efficace pour contester votre OQTF ?
La rédaction de votre mémoire (ou requête introductive d'instance) est l'étape la plus importante de votre recours. C'est par ce document que vous convainquez le juge de l'illégalité de l'OQTF et du bien-fondé de vos demandes.
Structure juridique du mémoire
Votre mémoire doit respecter une architecture précise, conforme aux règles du Code de justice administrative (articles R. 411-1 et suivants). Un mémoire mal structuré peut être rejeté pour irrecevabilité formelle.
1. En-tête : identification du tribunal et des parties
Commencez par une présentation formelle :
TRIBUNAL ADMINISTRATIF DE [VILLE]
REQUÊTE INTRODUCTIVE D'INSTANCE
POUR : Monsieur / Madame [NOM Prénom] Né(e) le [date] à [lieu, pays] De nationalité [pays] Demeurant : [adresse complète en France]
Ci-après "le requérant" ou "Monsieur/Madame [Nom]"
CONTRE : Monsieur le Préfet de [département] Préfecture de [ville] [Adresse de la préfecture]
Ci-après "le Préfet" ou "la préfecture"
Cette présentation permet au greffe d'enregistrer correctement votre affaire et de vous identifier sans ambiguïté.
2. Objet du recours
Indiquez clairement ce que vous demandez au tribunal. Soyez précis et direct :
OBJET :
Recours en annulation de la décision du [date de la décision] portant :
- Obligation de quitter le territoire français (OQTF)
- [Si applicable :] Interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de [X] ans
- [Si applicable :] Fixation du pays de renvoi ([pays])
Décision notifiée à Monsieur/Madame [Nom] le [date de notification].
3. Exposé des faits
Racontez votre parcours de façon chronologique, claire et concise. Le juge doit comprendre rapidement votre situation. Évitez les détails inutiles, concentrez-vous sur l'essentiel.
Exemple pour Dimitri :
EXPOSÉ DES FAITS
Monsieur [Nom] est arrivé en France le 15 mars 2018 muni d'un visa de court séjour Schengen valable 90 jours.
À son arrivée, il a rencontré Madame [Nom], ressortissante française, avec qui il a rapidement entamé une relation stable. Ils vivent ensemble depuis juin 2018 dans un appartement situé [adresse], loué à leurs deux noms.
De leur union est née une fille, [Prénom], le 12 janvier 2021. Leur fille possède la nationalité française par filiation maternelle et est actuellement scolarisée en moyenne section de maternelle à l'école [nom] depuis septembre 2023.
Monsieur [Nom] exerce depuis le 1er septembre 2019 la profession de cuisinier en contrat à durée indéterminée au sein du restaurant [nom] situé à [ville]. Il perçoit un salaire mensuel net de [montant] euros et paie régulièrement ses impôts en France.
Le 10 novembre 2023, Monsieur [Nom] a déposé une première demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfant français auprès de la préfecture de [département].
Par décision du [date], le Préfet a refusé de lui délivrer un titre de séjour et a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français avec un délai de départ volontaire de 30 jours.
Cette décision a été notifiée à Monsieur [Nom] le [date de notification] lors de sa convocation en préfecture.
C'est dans ces circonstances que Monsieur [Nom] saisit votre tribunal de la présente requête en annulation.
Notez la structure : chronologie claire, faits objectifs, aucune émotion, focalisation sur les éléments juridiquement pertinents (vie de couple, enfant français, travail stable).
4. Discussion juridique : les moyens de contestation
C'est le cœur de votre argumentation. Les "moyens" sont les arguments juridiques qui démontrent l'illégalité de l'OQTF. Ils se divisent en deux catégories :
Les moyens de forme
Ces moyens visent la régularité procédurale de la décision. Si le préfet n'a pas respecté les règles de procédure, la décision est illégale même si le fond pouvait être justifié.
Moyen n°1 : Défaut ou insuffisance de motivation
L'article L. 211-2 du Code des relations entre le public et l'administration (CRPA) impose à toute décision administrative défavorable d'être motivée. La motivation doit être suffisamment précise pour que vous puissiez comprendre les raisons du refus et les contester.
Exemple de rédaction :
SUR LE DÉFAUT DE MOTIVATION DE LA DÉCISION
L'OQTF querellée viole l'article L. 211-2 du CRPA qui dispose que "les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent."
En l'espèce, la décision du Préfet se borne à énoncer de manière stéréotypée que "votre situation ne justifie pas la délivrance d'un titre de séjour" sans préciser en quoi les éléments versés au dossier (enfant français, travail en CDI, vie commune de 5 ans) seraient insuffisants.
Cette motivation purement formelle ne permet pas au requérant de comprendre les raisons concrètes pour lesquelles sa demande a été rejetée, ni de contester utilement ces motifs.
La décision est donc entachée d'un défaut de motivation et doit être annulée.
Moyen n°2 : Absence d'entretien préalable
Certaines procédures imposent que vous soyez entendu avant que l'administration ne prenne sa décision. Si le préfet vous a rémis une OQTF sans vous avoir reçu en entretien alors que cela était obligatoire, c'est un vice de procédure.
Moyen n°3 : Notification irrégulière
Si l'OQTF ne vous a pas été correctement notifiée (par exemple, envoyée à une mauvaise adresse, ou sans respecter les garanties de la notification), la procédure est viciée.
Les moyens de fond (illégalité du contenu)
Ces moyens contestent le bien-fondé même de la décision d'éloignement. Ils sont généralement plus efficaces que les moyens de forme.
Moyen majeur : Atteinte au droit à la vie privée et familiale (article 8 CEDH)
C'est l'argument le plus fréquemment utilisé et souvent le plus efficace. L'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme garantit à toute personne le droit au respect de sa vie privée et familiale. Eloigner quelqu'un de sa famille constitue une ingérence dans ce droit, qui n'est justifiée que si elle est proportionnée.
Exemple de rédaction pour Dimitri :
SUR LA VIOLATION DE L'ARTICLE 8 DE LA CONVENTION EUROPÉENNE DES DROITS DE L'HOMME
L'OQTF querellée méconnaît le droit au respect de la vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la CEDH et l'article L. 435-1 du CESEDA.
Monsieur [Nom] vit en France depuis plus de 5 ans. Il partage sa vie depuis juin 2018 avec Madame [Nom], ressortissante française, avec qui il a eu une fille, [Prénom], née le 12 janvier 2021 et de nationalité française.
Leur fille, âgée de 4 ans, est scolarisée en moyenne section de maternelle et bénéficie d'une vie stable en France. Elle ne parle que le français et n'a jamais résidé en Géorgie. Un éloignement de son père porterait gravement atteinte à son équilibre affectif et à son droit fondamental à vivre avec ses deux parents, droits protégés par l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant qui consacre l'intérêt supérieur de l'enfant.
La jurisprudence constante de la Cour européenne des droits de l'homme (notamment CEDH, 28 juin 2011, Nunez c/ Norvège) impose aux États de prendre en compte l'existence d'enfants en bas âge avant de prononcer une mesure d'éloignement d'un parent.
En outre, Madame [Nom], compagne de Monsieur [Nom], est française et réside en France. Exiger d'elle qu'elle suive son compagnon en Géorgie reviendrait à la contraindre à quitter son propre pays, ce qui est manifestement disproportionné.
L'OQTF constitue donc une ingérence disproportionnée dans la vie privée et familiale du requérant et doit être annulée.
Ce moyen est fort parce qu'il combine :
- La vie de couple stable et ancienne
- Un enfant français en bas âge
- La scolarisation de l'enfant
- Des références jurisprudentielles précises
Moyen : Intégration professionnelle et économique (article L. 435-1 CESEDA)
L'article L. 435-1 du CESEDA prévoit la délivrance d'un titre de séjour "vie privée et familiale" notamment en raison de l'intensité des liens personnels et familiaux en France.
Exemple pour Fatima, notre aide à domicile :
SUR L'INTENSITÉ DES LIENS PERSONNELS ET PROFESSIONNELS EN FRANCE
Madame [Nom] travaille en France depuis 8 années consécutives en qualité d'aide à domicile auprès de personnes âgées dépendantes. Elle exerce actuellement en contrat à durée indéterminée auprès de la société [nom] depuis le [date].
Elle perçoit un salaire mensuel de [montant] euros, paie régulièrement ses impôts en France (avis d'imposition joints en pièces n° [X]), et ne représente aucune charge pour les finances publiques. Au contraire, son activité professionnelle contribue positivement à l'économie française et répond à un besoin criant de personnel dans le secteur de l'aide à domicile.
Les attestations de ses employeurs successifs et de ses clients (pièces n° [X] à [Y]) soulignent unanimement son sérieux, sa gentillesse et son professionnalisme. Plusieurs personnes âgées dépendantes expriment leur inquiétude quant aux conséquences d'un départ de Madame [Nom], qui assure pour certaines d'entre elles une présence quotidienne indispensable.
Cette intégration professionnelle exceptionnelle démontre que Madame [Nom] a établi en France le centre de ses intérêts personnels, familiaux et professionnels. Un éloignement serait manifestement disproportionné au regard de cette situation et méconnaîtrait les dispositions de l'article L. 435-1 du CESEDA.
Moyen : Raisons médicales (article L. 425-9 CESEDA)
Si vous souffrez d'une pathologie grave nécessitant des soins indisponibles dans votre pays d'origine :
SUR LA VIOLATION DE L'ARTICLE L. 425-9 DU CESEDA
Monsieur [Nom] souffre d'une leucémie myéloïde chronique diagnostiquée en [année] et suit un protocole de chimiothérapie à l'hôpital [nom] sous la responsabilité du Professeur [nom].
Le certificat médical du Professeur [nom] versé aux débats (pièce n° [X]) atteste que :
- Le traitement en cours est vital et ne peut être interrompu sans risque de décès à court terme ;
- Ce protocole de soins n'est pas disponible en [pays d'origine] faute d'infrastructure médicale adaptée et de médicaments accessibles.
L'article L. 425-9 du CESEDA prévoit la délivrance d'un titre de séjour pour raisons médicales lorsque l'état de santé du demandeur nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays d'origine.
En l'espèce, ces deux conditions sont remplies. L'OQTF prononcée à l'encontre de Monsieur [Nom] méconnaît donc les dispositions de l'article L. 425-9 du CESEDA et porte atteinte à son droit à la protection de la santé.
5. Le dispositif : vos demandes au tribunal
Terminez votre mémoire par vos demandes précises au tribunal, formulées de façon claire et juridique :
PAR CES MOTIFS,
Monsieur [Nom] a l'honneur de solliciter de votre tribunal qu'il lui plaise :
À TITRE PRINCIPAL :
- ANNULER la décision du [date] du Préfet de [département] portant obligation de quitter le territoire français [et interdiction de retour d'une durée de X ans] ;
- ENJOINDRE au Préfet de [département] de procéder au réexamen de la situation administrative de Monsieur [Nom] et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de ce réexamen, sous astreinte de [montant] euros par jour de retard à compter de la notification du présent jugement ;
EN TOUT ÉTAT DE CAUSE :
- CONDAMNER l'État à verser à Monsieur [Nom] la somme de [montant] euros au titre des frais irrépétibles de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative ;
- CONDAMNER l'État aux entiers dépens.
Sous le bénéfice de ces observations, le requérant s'en rapporte à la sagesse de votre tribunal.
Fait à [ville], le [date]
Signature : Monsieur [Nom] [ou : Maître [Nom], avocat]
Conseils de rédaction
Ton juridique : utilisez un langage formel et neutre. Évitez les formules émotionnelles ("je vous supplie", "c'est injuste", "j'ai peur"). Le juge examine la légalité, pas vos sentiments.
Références juridiques : citez toujours les articles de loi et la jurisprudence pertinents. Si vous n'avez pas d'avocat, faites des recherches sur Légifrance ou consultez les sites d'associations spécialisées (GISTI, Ligue des Droits de l'Homme).
Clarté et concision : soyez précis mais pas bavard. Un mémoire de 6 à 10 pages est généralement suffisant. Un pavé de 30 pages illisibles sera contre-productif.
Relecture : faites relire votre mémoire par une personne maîtrisant parfaitement le français et, si possible, par un avocat. Des fautes d'orthographe ou de syntaxe affaiblissent votre crédibilité.
Que se passe-t-il après le dépôt de votre recours ?
La procédure devant le tribunal administratif
Une fois votre recours enregistré, le tribunal ouvre un dossier à votre nom et vous attribue un numéro de requête (par exemple : n°2401234). Conservez précieusement ce numéro : il vous servira pour toute correspondance ultérieure.
Phase d'instruction
Pour une OQTF dont le délai de recours est d’un mois, Le tribunal instruit votre affaire. Il examine votre requête, les pièces jointes, puis transmet le dossier à la préfecture pour qu'elle produise un mémoire en défense.
La préfecture dispose généralement de 2 mois pour répondre. Elle défendra sa décision en expliquant pourquoi, selon elle, l'OQTF était légale et justifiée.
Vous recevrez une copie de ce mémoire en défense et vous aurez la possibilité de produire un mémoire en réplique pour répondre aux arguments de la préfecture.
Clôture de l'instruction
Lorsque le rapporteur estime que l'affaire est complète, il ordonne la clôture de l'instruction. À partir de cette date, vous ne pouvez plus produire de nouveaux documents (sauf exceptions pour des pièces essentielles tardives).
Audience
Vous êtes convoqué à une audience publique devant le tribunal.
Si l'audience a lieu :
- Vous pouvez y assister (avec ou sans avocat)
- Le rapporteur public présente l'affaire
- Votre avocat peut présenter des observations orales (plaidoirie)
- L'avocat de la préfecture (ou un représentant du préfet) peut également s'exprimer
- Le juge peut poser des questions
Délibéré et jugement
Après l'audience (ou après la clôture de l'instruction s'il n'y a pas d'audience), le tribunal délibère. Le jugement est généralement rendu quelques semaines plus tard (variable selon l'urgence).
Le jugement vous est notifié par courrier. Il peut :
- Annuler l'OQTF (vous avez gagné)
- Rejeter votre recours (vous avez perdu)
- Annuler partiellement (par exemple, annuler l'IRTF mais confirmer l'OQTF)
L'effet suspensif pendant la procédure
C'est l'avantage majeur du recours contentieux : dès son dépôt, l'OQTF ne peut plus être exécutée tant que le juge n'a pas rendu sa décision.
Conséquence pratique : vous ne pouvez pas être interpellé par la police pour être reconduit à la frontière
Important : cet effet suspensif ne vous donne pas de titre de séjour. Votre situation administrative reste précaire. Vous n'avez pas le droit de travailler (sauf si vous aviez déjà une autorisation de travail avant l'OQTF).
Demande d'autorisation provisoire de séjour (APS)
Pendant la procédure, vous pouvez demander au tribunal d’enjoindre au préfet de vous délivrer une autorisation provisoire de séjour en attendant le jugement. Cette demande n'est pas toujours accordée, mais elle permet parfois d'obtenir un récépissé vous autorisant à travailler. Il s’agit d’une procédure à part qui s’applique notamment en cas de refus de séjour.
Si le tribunal annule l'OQTF : que se passe-t-il ?
Victoire ! Si le juge annule l'OQTF, voici les conséquences :
Réexamen de votre situation
Le préfet est obligé de réexaminer votre situation en tenant compte des motifs de l'annulation prononcée par le juge.
Exemple : le juge a annulé l'OQTF de Dimitri au motif qu'elle violait son droit à la vie privée et familiale (enfant français). Le préfet doit donc réexaminer sa demande en prenant en compte cet élément.
Autorisation provisoire de séjour
En attendant le réexamen, le préfet doit généralement vous délivrer une autorisation provisoire de séjour (APS). Ce document vous permet de :
- Séjourner légalement en France
- Souvent, travailler (selon le type d'APS)
Nouveau titre de séjour possible
Si le réexamen est favorable, vous obtenez le titre de séjour (carte de séjour mention "vie privée et familiale", "salarié", etc.).
Mais attention : l'annulation de l'OQTF ne garantit pas automatiquement l'obtention d'un titre de séjour. Le préfet peut, après réexamen, vous refuser à nouveau le titre. Dans ce cas, vous devrez à nouveau contester ce nouveau refus.
Si le tribunal confirme l'OQTF : quels recours ?
Si le juge rejette votre recours et confirme l'OQTF, vous perdez l'effet suspensif. L'OQTF redevient exécutoire et vous pouvez être reconduit à la frontière.
Mais vous avez encore des possibilités de recours :
L'appel devant la Cour administrative d'appel
Vous disposez d'un délai d'1 mois à compter de la notification du jugement pour faire appel devant la Cour administrative d'appel (CAA) compétente.
Les CAA sont au nombre de 8 en France :
- CAA de Paris (pour les jugements des TA d'Île-de-France)
- CAA de Lyon
- CAA de Marseille
- CAA de Bordeaux
- CAA de Nantes
- CAA de Nancy
- CAA de Versailles
- CAA de Douai
Attention : l'appel ne suspend pas automatiquement l'exécution de l'OQTF. Vous pouvez donc être éloigné même si votre appel est en cours d'examen. Point important : l’avocat est obligatoire en appel.
Le sursis à l’exécution en parallèle de l'appel
Pour éviter d'être éloigné pendant l'examen de votre appel, vous pouvez demander à la Cour de suspendre en urgence l'exécution de l'OQTF.
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État
Si vous perdez également en appel devant la CAA, vous avez un dernier recours : le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État (plus haute juridiction administrative française).
Délai : 2 mois après la notification de l'arrêt de la CAA.
Attention : le Conseil d'État ne réexamine pas les faits, il contrôle uniquement si la CAA a correctement appliqué le droit. Le pourvoi est donc un recours très technique qui nécessite un avocat spécialisé (avocat aux conseils).
Recours gracieux ou contentieux : quelle différence et quelle stratégie ?
Le recours gracieux : demander au préfet de reconsidérer
Le recours gracieux consiste à demander directement au préfet qui a pris la décision de revenir sur sa décision et de l'annuler.
Comment procéder :
- Adressez un courrier au préfet (LRAR) dans lequel vous expliquez pourquoi vous estimez que l'OQTF est injustifiée
- Joignez les pièces justificatives pertinentes
- Demandez l'abrogation ou le retrait de l'OQTF
Avantages :
- C'est une démarche simple et peu coûteuse
- Parfois, le préfet peut effectivement revenir sur sa décision (rare, mais ça arrive)
- Cela montre votre bonne foi
Inconvénients majeurs :
- Le recours gracieux ne suspend pas l'OQTF : vous pouvez être éloigné pendant son examen
- Le taux de succès est très faible (moins de 5% selon les estimations)
- Le préfet n'est pas obligé de répondre, ou peut prendre des mois pour répondre
Notre conseil : le recours gracieux peut être tenté en complément du recours contentieux, mais jamais à la place. Ne perdez pas de temps précieux à attendre une réponse du préfet alors que votre délai de recours contentieux s'écoule.
Le recours hiérarchique : saisir le ministre
Le recours hiérarchique consiste à saisir le ministre de l'Intérieur (supérieur hiérarchique du préfet) pour lui demander d'annuler la décision du préfet.
Même analyse que pour le recours gracieux : c'est une possibilité théorique, mais avec un taux de succès proche de zéro et sans effet suspensif. À éviter comme stratégie principale.
Le recours contentieux : la seule vraie solution
Le recours contentieux devant le tribunal administratif est le seul recours qui :
- Suspend automatiquement l'OQTF
- Permet un contrôle juridictionnel indépendant de la décision
- Offre de vraies chances de succès (taux d'annulation variable selon les TA, mais généralement entre 15% et 40% selon les profils)
Stratégie recommandée :
- En priorité absolue : déposez un recours contentieux dans les délais
- En parallèle (optionnel) : tentez un recours gracieux auprès du préfet, mais sans attendre sa réponse pour agir au contentieux
- Si refus en première instance : faites appel
Cas particuliers et situations spécifiques
OQTF et ressortissants de l'Union européenne
Les ressortissants de l'UE (et de l'EEE + Suisse) bénéficient du droit à la libre circulation. Ils ne peuvent faire l'objet d'une OQTF que dans des cas très spécifiques :
- Menace grave pour l'ordre public
- Abus du droit de séjour (séjour sans ressources suffisantes pendant plus de 3 mois)
Si vous êtes ressortissant UE et avez reçu une OQTF, contestez-la immédiatement : les conditions sont très strictes et les préfectures font parfois des erreurs.
En conclusion : agissez vite et bien pour défendre vos droits
Contester une OQTF est un parcours juridique exigeant qui requiert rigueur, réactivité et expertise. Chaque détail compte : le respect scrupuleux des délais, la qualité de votre argumentation juridique, la solidité de vos preuves, et la pertinence de votre stratégie contentieuse.
Les enjeux sont considérables : rester en France auprès de votre famille, conserver votre emploi, poursuivre vos soins médicaux, protéger vos enfants d'un déracinement brutal. Ces enjeux justifient pleinement que vous mettiez toutes les chances de votre côté en vous entourant des meilleures compétences.
L'accompagnement par un avocat spécialisé en droit des étrangers n'est pas un luxe : c'est un investissement essentiel qui multiplie considérablement vos chances d'obtenir l'annulation de l'OQTF. L'avocat connaît les arguments qui fonctionnent, maîtrise la jurisprudence récente, sait comment structurer un mémoire convaincant, et peut plaider efficacement devant le tribunal.
Dès réception de votre OQTF, ne perdez pas une minute :
- Notez immédiatement la date de notification et calculez votre délai de recours
- Rassemblez tous vos documents justificatifs
- Contactez en urgence un avocat spécialisé ou une association compétente
- Déposez votre recours dans les délais, sans attendre le dernier jour
Votre droit de rester en France mérite d'être défendu avec détermination et professionnalisme. Ne laissez pas une OQTF détruire votre vie sans avoir épuisé tous les recours légaux à votre disposition.
